Cette photo diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères montre le ministre (2e D) et le chef de l'armée (2e G) encadrant le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi (CG) et le président du parlement irakien (CD), Mohammad Bagher Ghalibaf, à leur arrivée pour des discussions avec les Etats-Unis, le 11 avril 2026 ( Pakistan's Ministry of Foreign Affairs / HANDOUT )
De hauts responsables iraniens et américains ont entamé samedi à Islamabad des négociations, selon des médias iraniens, pour tenter de mettre fin à six semaines d'une guerre régionale qui a secoué l'économie mondiale.
Evoquant notamment "la limitation des attaques du régime sioniste dans le sud de Beyrouth au Liban", les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim ont indiqué qu'il avait été "décidé d'entamer des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis à Islamabad".
Ils n'ont précisé ni l'agenda ni le format, direct ou indirect, de ces négociations, au 4ème jour d'un cessez-le-feu.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait annoncé plus tôt avoir rencontré à la mi-journée JD Vance, le vice-président américain qui mène la délégation de son pays aux côtés de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
- "Progrès" -
M. Sharif avait également rencontré à l'hôtel Serena la délégation iranienne avec à sa tête le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et dans ses rangs le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Photographie prise et diffusée par les services du Premier ministre pakistanais le 11 avril 2026 montrant le vice-président américain JD Vance (G) et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif lors d'un entretien avant les négociations irano-américaines, à Islamabad ( Pakistan's Prime Minister Office / - )
"Saluant l’engagement des deux délégations à dialoguer de manière constructive, le Premier ministre" du Pakistan, qui joue un rôle de médiateur clé, "a exprimé l’espoir que ces pourparlers mènent à une paix durable dans la région".
Déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, la guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et secoue le Moyen-Orient et, par-delà, l'économie mondiale.
Le fossé reste grand entre les deux belligérants concernant des questions clés, dont les sanctions, le Liban où Israël est en guerre contre le Hezbollah pro-iranien, ainsi que la réouverture du détroit stratégique d'Ormuz par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux et de facto quasiment verrouillé par l'Iran.
Parmi les "progrès" évoqués samedi, les agences Fars et Tasnim évoquent "l'acceptation par les Etats-Unis de la libération des avoirs iraniens et la nécessité de discussions techniques et d'experts plus approfondies à ce sujet". Peu auparavant, un haut responsable américain avait démenti que Washington ait accepté de débloquer les avoirs iraniens.
- "Passe ou casse" -
Avant de se rejoindre à Islamabad, chaque camp avait lancé ses mises en garde.
Des vigiles devant le centre de presse installé pour les négociations de paix Iran-Etats-Unis à Islamabad, le 11 avril 2026 ( AFP / Aamir QURESHI )
L'Iran aborde les négociations "dans un climat de méfiance totale, en raison des violations répétées par les Etats-Unis de ses engagements", a affirmé vendredi M. Araghchi à son homologue allemand Johann Wadephul, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.
JD Vance a lui averti l'Iran: "s'ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive".
Il a néanmoins assuré "essayer de mener des négociations positives".
Le Pakistan a de son côté constitué une équipe d'experts pour contribuer aux discussions sur les questions du trafic maritime, du nucléaire et d'autres sujets clés, a déclaré à l'AFP une source diplomatique proche du dossier.
Le rendez-vous est suivi de près par d'autres acteurs ayant contribué aux efforts diplomatiques, Egypte, Turquie et Chine, avec lesquels le Pakistan continue de se coordonner, a ajouté cette source.
M. Sharif a lui souligné que l'étape s'annonçait "difficile" pour "instaurer une trêve durable". "C'est cette étape que l'on appelle en anglais +make or break+ (ça passe ou ça casse)", a-t-il ajouté.
En Iran, pays qui subit une coupure internet imposée par les autorités, des habitants ont témoigné auprès de l'AFP de leurs doutes.
"On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et, douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien", résume sous couvert d'anonymat un habitant de 30 ans.
Après moult ultimatums, menaces et revirements depuis le début de la guerre, Donald Trump a affirmé vendredi que l'Iran n'avait "aucune carte en main" pour négocier si ce n'est le détroit d'Ormuz. "Ça va s'ouvrir automatiquement" car l'Iran "ne se fait pas d'argent sinon", a-t-il affirmé, sur fond d'attentisme des marchés.
- 10 morts au Liban -
Depuis l'entrée en vigueur mercredi du cessez-le feu, Téhéran et Washington s'opposent sur la question de l'inclusion du Liban dans un accord de paix. Israël dit être déterminé à y continuer sa lutte contre le Hezbollah.
Mercredi, Israël a mené au Liban les frappes les plus meurtrières de cette guerre, avec au moins 357 morts en une journée, selon un dernier bilan du ministère de la Santé.
Photo prise depuis la région de Tyr, dans le sud du Liban, montrant de la fumée s’élevant du site d’une frappe israélienne ayant visé le village de Qlaileh le 11 avril 2026 ( AFP / Kawnat HAJU )
Samedi, des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont tué 10 personnes, a indiqué le ministère.
Selon la présidence libanaise, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, rejetés par le Hezbollah.

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